De la poésie, avant toute chose

Le poète, comme l’oiseau sur la branche, chante et personne ne l’entend. Il chante d’un lieu que personne n’habite, et qui est pourtant familier.

Toi qui passes, pose-toi un instant et écoute : le clapotis de l’eau de la source naissant, le battement régulier de l’océan ou ses mugissements, les tempêtes et les hurlements, les éclairs s’étoilant en feux d’artifices béants, les sanglots ou les rires c’est selon. La poésie, c’est l’irradiation de ton cœur en une myriade de sentiments.

Le Poète n’est rien, s’il n’émeut, et comme nul autre pareil il connaît le langage des fleurs et des choses muettes ; il te fera, comme le dit si bien Baudelaire, « plonger dans l’inconnu pour trouver du nouveau. »

Dans la colère et le tumulte, dans la joie ou la douleur, écoute sa voix, il sait si bien te dire les mots qui parlent à ta tristesse ou à ton bonheur.

Le Poète, comme l’oiseau de paradis, chante, et si tu écoutes, des îles entières dans tes bras se refermeront. Tu retrouveras des trésors oubliés, enfouis tout au fond de toi : la pureté de l’enfance, la rose éternelle, et les splendeurs de l’immortel été.

Toute la beauté du monde en silence jusqu’à en pleurer, tout ce qui importe à l’homme : aimer plus que consommer.

Au milieu de tes tourments, pense à t’enivrer de poésie avant toute chose, à t’étendre à l’ombre de l’innocence, à la gloire de la belle Espérance, car là réside sans nul doute ta destinée.

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