Dans son livre La psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim dit tout le bien qu’il pense des contes de fées et invite tous les parents à en lire à leurs enfants. Même les plus grands conteurs comme Charles Dickens ont puisé du bonheur dans leur lecture.
Contrairement aux mythes qui portent en eux l’univers de la tragédie et en cela aussi utiles à la culture des hommes, l’univers des contes de fées est résolument tourné vers l’optimisme. La plupart du temps, les personnages, dont le héros, ne sont pas décrits en profondeur, mais durant les péripéties qu’il traverse, il va se révéler à lui-même, comme dans moult récits d’initiation. Le simplet va affronter les géants, en se montrant plus ingénieux que des forces auxquelles il a dû se confronter, et si la magie contribue fortement à renverser des montagnes, pensez aux bottes de sept lieues du Petit Poucet, aux animaux aux pouvoirs exceptionnels, aux bonnes marraines qui vont contrecarrer les sortilèges des sorcières, elle est là, la magie, pour aider le Sujet traversé par de multiples contradictions et sentiments à les vaincre, pour lui ouvrir la porte vers la résolution de ses problèmes.
Dans la lecture des contes, l’enfant trouve matière à forger son être en devenir, lui qui est si pétri de confusion, dans l’ordonnancement du récit, découvrira de quoi mettre de l’ordre dans le bouillonnement intérieur qui l’anime. Il saura que dans le tumulte où se débat son moi, il y aura toujours une issue heureuse, et qu’il pourra toujours vivre dans le meilleur des mondes.
Voilà pourquoi nous adultes autant que les enfants avons besoin des récits de toutes sortes, pour vaincre nos conflits et nos doutes, en lire et en écrire, c’est s’ouvrir à tous les possibles, car il est tellement désespérant de désespérer, sans fenêtre sur un ailleurs, un autre, l’idéal du moi se reconnaissant maître de son inconscient dévastateur, vainqueur après coup de tout ce qui l’empêche d’être au monde, confiant en l’avenir.
Il m’arrive quelquefois d’écrire des contes de fées, pour ressusciter l’enchantement, vivre tout simplement, et comme l’enfant qui croit sans y croire aux miracles, l’émerveillement est une issue convenable au pire des désespoirs.
Lisez des contes à vos enfants, des récits, des histoires, partez sur les chemins de l’Utopie, et vous découvrirez un trésor.
Et non des moindres : un moi triomphant de l’adversité.