Soleil pâle

Rêve de Vietnam

Il est des chansons qui vous trottent dans la tête, comme un rêve éveillé, qui vous parle de l’amour d’une femme et d’un pays. En vietnamien, le titre est Nhat Nang , en français Soleil pâle. J’ai voulu la traduire en accentuant la poésie et en gardant la nostalgie inhérente au rappel d’un amour qu’exprime son auteur.

Cette chanson se trouve sur YouTube et le pays, c’est le sud Vietnam, là où je suis née.

Soleil pâle

J’aime mon pays

O souvenir du crépuscule sur la terre d’antan

J’entends le poivrier

En rêve dans le soir d’été.

J’aime la femme de jadis

En chemise brune, si jolie

La vie au soleil brûlant

Du rose aux joues soufflant.

Mais aujourd’hui

Sur les bambous le soleil pâlit

Les nuages s’amoncellent

Obscurcissant le ciel.

J’aime la fraîcheur

Profonde comme ce vaste soir

La vie de labeur

Ployant de mes frères l’échine.

Quand le jour revient

Que l’horizon se fait lointain

Où est le chant du poivrier ?

Dans l’immensité du soir

A travers les collines

Est-ce la voix du mineur que j’entends ?

J’aime mon village d’autrefois

Les pauvres toits

Dévoilant leur fragilité

Aux rayons palissants

Au début de l’été.

J’aime mon pays

Les bambous nus et désolés

La femme en larmes outrées

Profondément aimée.

Quand le jour revient…

Quand on voyage en poésie, le rêve se fait présence réelle, aussi persistante que la réalité, ouvrant aussi la fenêtre vers un je ne sais quoi, ce supplément d’âme qui parfois nous fait défaut.

Nota bene: Ceci est une traduction où des omissions, voire des erreurs en raison des accents de la langue vietnamienne qui modifient complètement le sens m’ont été signalé, mais finalement j’ai décide de la maintenir telle quelle , l’intention étant de conserver l’émotion que le texte originel avait soulevée en moi, quitte à aboutir à un autre texte, que finalement j’aime mieux …qui engloberait mon propre rêve : poivrier ou flûte, mineur ou simple lamentation, fraîcheur de la nuit ou lèvres pâles et regard profond de la femme, cela ferait sans doute hurler les puristes. Ainsi j’ai préféré substituer le mot pays à campagne qui sonnait moins bien en français, pays rimant avec femme de jadis, la versification entraînant des choix que j’assume ainsi que mes erreurs.

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