
Il a soufflé dans le jardin
Un vent fort et malin
Qui fait des frasques
Très fantasques
Lance ses rafales
Sur l’herbe pâle
C’est un monstre
Qui mugit
Libre et hardi
Qui fait montre
D’une bête fureur
Sur les pauvres fleurs.
Dans son nid
A l’abri
De la pluie
Reste sans bruit
Sous les feuilles
Blotti l’écureuil.
Il attend
Avec patience
Que l’ouragan
Cesse sa violence
Pour gambader
Sous la ramée.
La pie et le merle
Comptent les perles
Accrochées
A la toile d’araignée
Jolies billes
Qui vacillent
Et tombent
Comme des bombes
Qui éclaboussent
La verte mousse
Les champignons
Et les pignons.
Le chêne pleure ses glands
Le pin tremble
De ses membres
Tordus se cognant
Au front des nuages
Noircis de rage.
Et je contemple
Le paysage désolé
Triste temple
Sur un mont isolé
Souffrir la misère
D’une vive colère.
Grise et morne
Elle écorne
L’infini d’airain
Glace sans tain
Qui ne reflète plus
Qu’un horizon têtu.