Pauvre colombe !

Quand le ciel s’étire en un énorme linceul

Recouvrant les débris dus au tir des mortiers,

Quand les morts s’entassent au milieu des fossés,

Mon dieu, comme un peuple doit se sentir bien seul !

Il a beau gémir tel un animal qui feule,

Pousser des hurlements dignes d’un supplicié,

Lui est-il en outre facile de prier,

Écrasé sous la roue, aplati sous la meule ?

La chenille des chars avançant à grands pas

Le laisse sans répit sous le feu du démon,

Les bombes funestes et le son des canons.

Quand de la liberté résonnera le glas,

Voleras-tu encore ma blanche colombe,

Fantôme de la paix au-dessus de nos tombes ?

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