
Il y a toujours au jardin
Des fleurs qui prennent le soleil
Ici un buisson de jasmin
Qui à l’amour tendre s’éveille
Le jardinier taille et recoupe
Les lauriers où le merle braille
Ses yeux perçants comme des loupes
Voient le chienlit sur la rocaille
Un beau bouquet de roses s’attache
À la tresse du liseron
Parfois on y décèle des taches
La présence du puceron
La sauge côtoie le thym
Et différentes variétés
La lavande le romarin
Font les délices de l’été
Mais voici que la pluie ruisselle
Une grosse averse en chapelet
Qui éclabousse les ailes
Mouillant le nid du roitelet
L’oiseau frissonne l’air hagard
Corps transi et plumes trempées
Il croit puiser l’eau de la mare
Qui gèle maintenant ses pieds
Enfin un rai brise la nue
De sa longue épée de lumière
Une chaleur inattendue
Sèche la paille de sa chaumière
Ainsi finit sur l’écritoire
Toute de joie ensoleillée
Cette jolie petite histoire
Qui au jardin a commencé.