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Congo Colibri, libre de savane

J’ai écrit ce roman il y a déjà plusieurs années, maintenant il est accessible sur Amazon. J’avais fait mon mémoire de maîtrise de lettres modernes sur ce pan de l’histoire de France très méconnu : l’esclavage dans les Antilles françaises. Il portait sur les aspects économiques qui transparaissaient dans quatre romans que j’avais bien aimés, sur les esclaves marrons s’échappant de leur joug dans les plantations où ils appartenaient, en tant que meubles selon les termes du Code Noir qui régissait leur sort, à leurs maîtres tout puissants, ceux-ci ayant droit de vie et de mort sur eux.
L’intrigue romanesque n’enlève rien de la réalité que vivaient les esclaves, leur sort était bien peu enviable. La traite triangulaire, activité fort lucrative sur laquelle se sont développées de grandes fortunes en Métropole, leur assignait un destin tragique, que seuls quelques esprits éclairés de l’époque commençaient à dénoncer. Les horreurs et les sévices, c’était leur lot quotidien. J’invite par la lecture de « Congo Colibri, libre de savane » à se pencher sur cette période triste de notre histoire, pour y puiser tout de même des notes d’espoir, afin que l’humanité en marche donne toujours le meilleur d’elle-même et ouvre la voie sur l’indicible : toutes les douleurs un jour ou l’autre doivent être dévoilées et reconnues.

Chaque année, le 10 mai exactement, jour de mon anniversaire, étrange coïncidence, est désormais la date de commémoration de l’esclavage, et ce depuis l’action de Christine Taubira, ex garde des sceaux et ministre de François Hollande.

Et selon les vœux de certains, la reconnaissance des horreurs du colonialisme en Algérie attend toujours, ce qui pourrait se lire comme signe d’ouverture pour panser les plaies de l’Histoire, car la liste est longue qui jalonne les souffrances des hommes pour les faire se recueillir dans la joie.

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Rose céleste

S’il suffit d’une rose

Pour adoucir les choses

D’un beau ciel bleu

Je dirai tant mieux

S’il suffit d’un bonjour

Un petit cri d’amour

D’air pur et d’un feu

Je dirai tant mieux

S’il suffit que tu prennes

Ma main dans la tienne

Mon cœur s’en émeut

Je dirai tant mieux

Si la rose est plus belle

Douce fleur immortelle

Au fond de tes yeux

Je dirai tant mieux

Une fleur éclose

C’est si peu de choses

Un instant heureux

Pour les amoureux

Une rose m’a suffi

Et c’est tant mieux

Pour élever ta vie

Aux limites des cieux.

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En mai, fais ce qu’il te plaît

Bientôt nous irons dans les prés voir fleurir le muguet, caché entre deux bosquets, en vrai et non plus en songe contempler les clochettes blanches blotties en leur vert calice, de feuilles éclatantes au clairon de l’espérance.

Voilà que le souffle de la liberté enflera de nouveau nos poumons, ivres de tous les chants restés muets par un confinement délétère et contraint, soucieux désormais de célébrer la vie plus touchante car abreuvée aux rives de la faux.


C’est comme une complainte plus puissante au sortir des épreuves, la douleur aiguisant le sabre de l’émotion, c’est le surgissement du cri qui s’enflamme de clameur, une résurgence soudaine comme une explosion de bonheur.
Oui, nous irons vers l’été qui blondira les blés et gonflera les voiles des bateaux sur la mer, nous voguerons sur les courbes des herbes dans les champs, les campagnes et les montagnes verdoyantes seront les bras de l’Amante Nature qui nous enveloppera de sa chevelure sémillante.
Chut, écoute attentivement, les oiseaux te sembleront plus vivants que jamais, les nuages dans le ciel seront plus légers, azur resplendissant étalant sa soie rieuse au cou du soleil plus farceur et sublime au zénith. Sens-tu déjà le zéphyr parcourir ta joue, caresse subtile s’attardant aussi sur les paupières que tu laisses closes pour mieux en jouir, tandis que ton nez reste à l’affût des mille et une senteurs devinées dans la nuit.

Vois le jour qui se lève en mai et que ta joie ne soit plus violente car trop ardemment attendue, mais furtive et renouvelée comme la course des écureuils éperdus et fantasques, magnifiques, poursuivant leur partie de cache-cache par terre et dans les arbres, ravissant notre cœur et nous éloignant enfin du malheur.
Sois surpris de ton regard plus perçant de ces détails trop souvent ignorés, la huppe rouge du pivert et sa robe joliment piquetée, il s’applique à sa tâche oubliant d’être observé, le merle toujours moqueur siffle sans arrêt et les tourterelles et pigeons roucoulent sans s’inquiéter de ce qui nous ronge et ravive l’anxiété.

Alors, comme eux, usons de notre gai savoir comme ultime instinct, chanson qui rassure quand elle prend la mesure de tout ce qui nous a manqué et que nous devons conjurer.
Avec la tendresse de la mère pour l’enfant que nous sommes, avec la force du père qui tempère nos ardeurs guerrières et la gloire des sentiments qui habitent nos mots dans l’habit suprême de l’intuition.

La vie en mai est une sève plus puissante qu’elle s’échappe de l’étau de sa prison.

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F.Leger (1881-1955)

En ces temps de confinement, pourquoi ne pas jeter un regard sur l’œuvre de F.Leger ? C’était le 14 mans, mais maintenant cela semble une éternité. Déjà, l’anxiété devait se lire en filigrane, malgré le soleil et les fleurs en cette matinée printanière, et les allées n’étaient point bondées, mais on pouvait encore croiser des familles, les enfants s’ébattant à vélo ou gambadant allègrement non loin des parterres fleuris, le long des murs de l’enceinte du château de Toulouse, jusqu’au bord de la Garonne pour voir une magnifique vue de la Ville rose, vantée par Nougaro. Sans doute qu’aujourd’hui l’entrée du parc Raymond VI est fermée ainsi que celle du Musée des Abattoirs Attenant, mais il m’est agréable de revenir en pensées sur ce lieu de promenade pour vous inviter à passer par là une fois les restrictions terminées.
Alors, il vous sera possible de musarder, cheminer parmi les œuvres de F.Leger, offertes aux quatre vents, monumentales et colorées. Immense fleur-oiseau, poésie qui fait pendant à la fleur qui marche, figures humaines de formes et contrastes rappelant qu’il fut de tous les compagnonnages, des impressionnistes, fauves, cubistes, prélude à l’art moderne et à ses incursions en politique, glorifiant l’humanisme et les joies du peuple, la fraternité dans les loisirs et les plaisirs simples. Il est de ces peintres que j’aime et admire, et que je convie à visiter, comme l’art, propédeutique utile et essentielle en cette période chamboulée, afin de retrouver un peu de sérénité.

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Ode au printemps

J’ai fait le deuil de mon passé

A grand renfort de larmes éplorées

Ni trompette ni cloche pour sonner l’heure

Vide des souvenirs anciens d’un cœur

Indemne certes mais encore blessé

Emmitouflé dans les plis de l’hiver

Réjoui néanmoins au bruit doux de la mer.

Février déjà entame sa folle course

En destrier fougueux retenu par le Mage

Vers les verts et célestes pâturages

Recouverts bientôt de l’ail de l’ours

Interroge ton esprit sur l’Eternité

En songe ailé d’étoiles qui dansent

Redoré des trésors de l’enfance.

Mais ne t’y attarde pas trop

A présent continue d’avancer

Retournes-y parfois à grand galop

Si le désir vient te tancer.

Accueille sans tarder le printemps si gai

Vers nous déployant son vaste dais

Répétant l’irrésistible rappel

Il est temps de contempler le ciel

L’azur si beau le monde vrai.

Mais fais ce qu’il te plaît

Avec enthousiasme allégresse et ardeur

Inhumant la douleur dans le rire des fleurs.

Frimaire

Photo Pixabay

Novembre abat ses pluies givrantes sur le dôme

Des arbres que transperce une pâle clarté

Les merles qui batifolaient en leur royaume

Sur l’herbe de feuilles et de fruits rouges jonchée

Se sont tus pelotonnés au fond de leur nid

L’écureuil roux lui aussi demeure à l’abri

Comme les pigeons qu’on ne voit plus s’envoler

Engourdis et plongés tels des bêtes de somme

Dans un rêve inouï infini hébété

Là où plane la blanche présence fantôme

De l’automne vêtu d’un étrange linceul

Étole lourde qui enveloppe le ciel

Continuant sa marche imperturbable et seul

Sur les sentiers hier éclaboussés de miel

Désormais enfouis sous une chape de froid

L’hiver inéluctable s’avance à grands pas

Saupoudrant les monts activant le carrousel

De neige et de vent mêlé érigé en meule

Énorme tas gelé tantôt fine dentelle

Guipure scintillant aux branches du tilleul.

Mélancolie

La mélancolie de l’été

Finissant

Tout doucement nous fait entrer

Dans l’automne

Les feuilles des chênes jaunissent

Monotone

Est la pluie qui lentement glisse

Sur l’auvent

L’été s’en va semant le deuil

Le regret

C’est la tristesse d’une feuille

Qui retombe

Après avoir pris son envol

Quand en trombe

L’averse s’abat sur le sol

Sans arrêt

L’écureuil ne fait plus de bonds

Au jardin

Le ciel s’habille de saison

De limaille

Un vent fort secoue les grands pins

Les cisaille

Et l’océan hurle sans fin

Son chagrin

Sous le couvert du gros buisson

Son logis

L’oiseau traversé de frissons

Haletant

Mouillé la tête sous ses plumes

Grelottant

Comme coincé sous une enclume

Est blotti

Le laurier-rose près du mur

Adossé

N’admire plus le bel azur

Voit ses fleurs

Sur les dalles de la terrasse

Écrasées

Pourtant jamais il ne se lasse

Du bonheur

De fleurir comme chaque année

Plus fringant

Et beau au souffle printanier

L’alizé

Ses jolies branches caressant

D’un baiser

Câlin ô combien apaisant

Et charmant

Et de nouveau dans sa parure

D’éclat d’or

Avec prestance et fière allure

Le soleil

Reviendra plus brillant encore

Son réveil

Sonnera de l’hiver la mort

Sans remords.

Ritournelle

Assis sous la tonnelle

Nous bavardions gaiement

C’était un lieu charmant

Ô que la vie est belle !







Au loin une chapelle

Tout était souriant

La nature et le vent

Le chant des tourterelles







Près de la balancelle

Se tenait un enfant

Joyeux et sautillant

Tournoyant son ombrelle







Les têtes des ombelles

Dans le soir se courbant

D’ocre se colorant

Avaient un teint de miel







Au jardin de l’hôtel

Comme c’était plaisant

Je dirais amusant

De voir les hirondelles







Voler de prêle en prêle

Avec empressement

Pousser un piaillement

Partir à tire-d’aile







Posé sur la margelle

Du joli puits jasant

Un geai bleu séduisant

Criait sa ritournelle.





Proposition quotidienne de rédaction
Parcourez les journaux à la recherche d’une histoire totalement inintéressante. Réfléchissez au rapport avec votre vie. Faites-en un article.

Canicule




À l’ombre du parc j’attends que la canicule

Cède le pas. Le merle dans l’arbre se tait

Il ne remue pas et se plaît aussi au frais

Seule la brise lui tient un conciliabule 


Une brise légère qui se dissimule

Halète doucement à travers les fourrés

Pour venir me caresser de la tête aux pieds

Comme une plume chatouiller ma clavicule

 

L’été peut jouer de ses perfides rayons

Lancer ailleurs ses maudites piques de plomb

Un bouquet de chênes pour simple parasol

 

Est un paradis comparable à un atoll

Une oasis fertile où vont bêtes et hommes

Se prélasser enfin dans le bienfait d’un somme.

Le pantun

Le pantun, c’est un poème de type malais, je vous invite à aller sur le site de Pantun Sayang qui vous expliquera mieux que moi ce dont il s’agit. C’est un site de poèmes en ligne qui publie des pantuns, forme particulière de quatrains. Lors d’un appel à textes sur le bouquet, j’ai eu le bonheur que certaines des productions que j’ai envoyées ont été sélectionnées, entre autres : Bouquet d’écume, Feux d’artifices…, vous les trouverez donc sur leur site. J’espère que vous appréciez.
Comme vous le constatez, je m’exerce à des formes diverses de poésie, façon de renouveler sans cesse l’inspiration et mes connaissances, d’autant que je ne savais pas la distinction entre le pantoum, dérivé du pantun, devenu célèbre depuis Le Conte de L’Isle et Baudelaire. Néanmoins le pantun, dans son origine première, est toujours d’actualité sur Pantun Sayang, site dédié aux francophones, mais pas que. Le pantun a essaimé dans le monde et sa pratique s’est diversifiée. Si le coeur vous en dit, allez-y faire un tour.

Au jardin

Il y a toujours au jardin

Des fleurs qui prennent le soleil

Ici un buisson de jasmin

Qui à l’amour tendre s’éveille

Le jardinier taille et recoupe

Les lauriers où le merle braille

Ses yeux perçants comme des loupes

Voient le chienlit sur la rocaille

Un beau bouquet de roses s’attache

À la tresse du liseron

Parfois on y décèle des taches

La présence du puceron

La sauge côtoie le thym

Et différentes variétés

La lavande le romarin

Font les délices de l’été

Mais voici que la pluie ruisselle

Une grosse averse en chapelet

Qui éclabousse les ailes

Mouillant le nid du roitelet

L’oiseau frissonne l’air hagard

Corps transi et plumes trempées

Il croit puiser l’eau de la mare

Qui gèle maintenant ses pieds

Enfin un rai brise la nue

De sa longue épée de lumière

Une chaleur inattendue

Sèche la paille de sa chaumière

Ainsi finit sur l’écritoire

Toute de joie ensoleillée

Cette jolie petite histoire

Qui au jardin a commencé.

Au gui l’an neuf !



Une nouvelle année commence, ma chère âme

La roue du temps tourne, tourne sans se presser

Déjà s’en vont les souvenirs de l’an passé

Vois fleurir devant toi une indicible flamme

Magie brûlante qui permet tel un sésame

D’ouvrir la voie à l’éternelle panacée

Élixir suprême pouvant tout effacer

L’angoisse mortifère et le malheur infâme

Les vagues de la mer emportent les regrets

A la pleine lune murmurent leurs secrets

Les mouettes avec grâce à la pointe du jour

Dessinent dans le ciel leur ballet aérien

Un spectacle où ma foi il ne se passe rien

Rien que l’ineffable présence de l’amour.