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Fontarrabie

De Bayonne, laisser derrière soi les allées Paulmy rendues dorénavant à une circulation plus fluide, se diriger vers Hendaye, prendre la sortie Errenteria vers Pasaia et faire une petite pause-café.

La pluie a fait place à un soleil qui se fera plus franc au fil des heures, notre petite excursion s’annonce sous les meilleurs auspices.

On a tourné un peu pour se garer, et puis vient l’heure de déambuler , flâner le long du quai. Des randonneurs sur des bancs ont tiré de leurs sacs leur casse-croûte, l’un arbore une coquille Saint-Jacques, rappelant que par ici des pèlerins tracent leur route vers Compostelle.

Du port s’échappe un grand bateau, moteur ronflant, vers le large. Les maisons ont les pieds dans l’eau. A leurs murs, des photographies d’où s’élancent des chaloupes , les mêmes en modèles réduits se retrouvent dans la boutique de souvenirs.

De l’autre côté, s’étirent San Pedro et sa série de balcons colorés et de bateaux amarrés, dormeurs tranquilles, rejetées en arrière-plan les grues, laiderons d’acier griffant le ciel.

Oublions l’activité industrielle au détour d’une rue pour suivre les pas de personnages illustres : Victor Hugo séjourna en ces lieux lors d’un voyage des Pyrénées aux Alpes, sa maison-musée se visite, et bien avant lui Lafayette partit de Pasaia pour rejoindre les insurgés en Amérique.

Reprenant la voiture, nous nous hissons sur le mont Jaizkibel, où les ruines s’offrent à notre mélancolie : tour décapitée, restes d’un ermitage.

Et puis, au loin, la baie de Hendaye, panorama grandiose. Sur la gauche, un chemin mène à un champ où des vaches et des chevaux paissent, tranquilles. Le ciel gris ne gâche pas la photo qui capte la lumière et les nuages, c’est beau une mer sépia alliée au ciel.

Nous nous dirigeons vers Fontarrabie, sur la place du marché les marchands rangent les derniers cageots, on remballe, c’est l’heure du déjeuner.

Au menu, tomates de saison et croquettes, bar sauce champignons , moules à la plancha, glace ou riz cannelle, le rioja est frais que l’on savoure, pour finir un café.

Et c’est reparti pour la promenade, arpentant les rues, le palador devenu hôtel laisse deviner ses ors, les belles bâtisses portent blasons au front. Des maisons basques affichent leur pimpant de part et d’autre d’une grande allée piétonne, très animée le soir, nous dit-on.

Un petit tour avant de repartir, seize heures passées, mais le soleil encore haut annonce que demain il fera encore beau.

Du mont Jaizkibel, Hendaye

Plage d’Ilbarritz, Bidart, 19 septembre

11h 34, la plage commence à se remplir, mais l’été qui continue sur la Côte Atlantique ne verra pas l’affluence du mois d’août. Une longue écharpe d’oiseaux migrateurs passe devant ton regard, à ras des flots.

Quelques minutes auparavant, à ton arrivée sur le parking, une odeur de café t’envahit, des vacanciers déjeunent, des surfeurs pour la plupart, d’autres sont déjà à l’assaut des vagues. La houle assez forte est propice à leur bon plaisir.

Soleil plein champ, bleu horizon, et l’océan qui gronde en battements réguliers, métronome puissant.

Des parasols de-ci de-là, penchés tels des ombelles colorées.

Privilège de touristes non pressés par le temps ni la cohue, retraités jouissant des beautés de l’instant, enfants ou travailleurs en pique-nique récréatif à la mi-temps, nous sommes les phénix de l’enchantement.

Ici, tout est calme et volupté, le sable, doux sous les pieds, la brise caresse les peaux bronzées.

Tout à l’heure, à La Plancha, tu te nourriras de chipirons, de merlu à l’espagnole arrosé d’un blanc Irelouguy, ou de salade et de dorade avec pommes de terre à la crème, te contenteras-tu d’une bière ou d’eau plate pour mieux plonger dans l’écume d’eau salée ? En plus du menu, au dos de la carte, tu sauras tout de ce château qui trône sur la colline de Handia, autrefois habité par Albert de l’Espée, dont il est dit que face aux vagues rugissantes, sur son orgue immense, il jouait du Wagner.

Tannhauser allié à la puissance des flots, toute la musique en majesté, carte blanche t’est donnée pour l’imaginer.

Et revisiter ce domaine de légendes, complexe de pavillons et galeries autour du château construit pour abriter son orgue, monumental instrument, monté, démonté et remonté presqu’en lui-même mais tout à fait un autre au Sacré-Coeur. Sans son buffet et ses ornements.

Les amours éphémères exigent des séparations. Les allées et venues au gré des affections contribuèrent sans doute à faire de ce vaste ensemble architectural un grand Vaisseau Fantôme pour souffreteux, et amateurs de culture zen.

Or voici que sort des ténèbres, éclipsant l’inventeur solitaire et mélomane, l’architecte Gustave Huguenin, concepteur du site avec force plans mémorables et judicieux. Ressurgis de vieilles archives retrouvées, et conformes aux nécessités hygiénistes de la fin des années 1880, époque où l’air marin déjà s’annoncait comme vrai remède aux atmosphères viciées des villes, ils marquent le château d’Ilbarritz d’un sceau plus authentique et utile qu’une simple demeure de villégiature, aussi belle soit-elle. L’impératrice Eugénie était venue au Pays basque, et les falaises offrant leur face altière à l’océan portent encore aujourd’hui son empreinte. Le grand palais, l’église St Eugénie, la chapelle impériale, les hôtels particuliers où résidèrent des têtes couronnées. A sa suite, se dessinera le long cortège des séjours en bord de mer de la noblesse serbe et russe en exil, et viendra la mode des bains salutaires, appréciés des curistes.

Car le Baron, de santé fragile mais riche héritier de la famille Wendel, des sidérurgistes de Lorraine, avait jeté son dévolu sur cet espace vierge, hormis une ferme et un moulin, pour soigner des bronchites à répétitions.

Du reste en 1914 et après, y sejournèrent bon nombre de soldats gazés durant la guerre, soignant là leur mal phtisique mais non pas leurs tourments.

Quand cessent les crachats et les toux compulsives, demeurent toujours les cauchemars. Et les gueules cassées de s’en remettre à leur bonne fortune pour gérer les conséquences délétères d’un conflit mondial.

Le monarque est chanceux s’il est bien inspiré, et tout gouvernement s’effondre s’il est mal éclairé. Colosse aux pieds d’argile, le temps et les amours déçus, les ventes occasionnant de successifs démembrements, ont eu raison de son unité, le château résistant aux quatre vents ne bat plus que le pavillon d’un passé hanté par un homme fantasque, soumis aux caprices amoureux et leurs suites funestes. En bas, il ne reste plus que La Plancha, autrefois moulin puis local hydroélectrique régissant tout le domaine, et Blue Cargo, ancien pavillon, tous deux devenus restaurants, ouverts sur l’océan.

Et dire que tout le site renfermait jadis l’esprit de son siècle, un condensé des avancées technologiques : électricité, téléphone, adduction d’eau et assainissement, fosse septique, paratonnerre et climatisation ! Sans compter les jardins où Confucius ou Lao Tseu eussent pu deviser en hôtes familiers.

Une fourmilière ou usine magnifique, cité futuriste achevée en 1898, déclinant et résumant l’Exposition Universelle, neuf ans plus tôt.

Bâtisse grandiose, conçue pour abriter Amour, messager à éclipses, golf sans durée, sanatorium et garnison, les aléas l’ont ornée de leur triste couronne, la marque du mauvais sort.

Sur la colline de Handia, la belle endormie, la Walkyrie n’attend plus que son Prince, pour que d’un baiser il la réveille et lui redonne vie, son faste, ses trésors engloutis.

Sur la plage d’Ilbarritz dont les hauteurs s’effritent en pans entiers face à la marée , l’histoire s’invite â tes pensées.

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La vie est douce comme une voile

Cela fait quelque temps que je n’ai pas peint. Ces voiles qui bougent sur une jolie mer, c’ est une toile dont je suis assez fière, d’autant que le rendu est assez satisfaisant pour une première création au couteau. D’habitude, je peins avec le pinceau.

J’aime la mer car elle me renvoie à l’enfance, les étendues de sable des Landes, où j’allais me baigner. Les pins et les fougères non loin sentaient bon, la bruyère en touffes roses ravissait les sentiers, la vie était si belle, et sans soucis.

Brise légère sur la bruyère

Chevelure verte des fougères

L’été sourit.

Abécédaire

A comme Amitié et Amour

Pour moi les deux vont ensemble, mon amour est aussi mon meilleur ami.

B comme Bêtises ou Bonbons ceux de Cambrai ou d’ailleurs

Enfant, on peut en faire, comme grimper sur un buffet à étages et recevoir sur la tête pour aller les cueillir tout un pan de bois dur.

C comme calligraphie

La meilleure chose produite par la Chine, une écriture qui se lit comme peinture.

D comme Dessin

Qui n’a jamais griffonné sur des feuilles volantes ou un cahier ces traces filiformes ou ces pâtés, Miro ou Modigliani en herbe, souvenirs rupestres, les marques de petit homme ?

F comme Fleurs, Fruits et Faune

Condensé de nature, embellissant la maison, tableaux de valeur et inestimables présents pour s’ouvrir sur l’extérieur.

G comme Gares

Lieux de partance pour l’ailleurs, aéro ou routières, les chemins mènent à l’inconnu, au voyage.

H comme Herbes

Folles du pré où galopent les chevaux.

I comme idiot

Benjy, personnage du Bruit et la Fureur de Faulkner, s’agrippant à la clôture, en quête de sa soeur Caddy, ou l’Idiot de Dostoïevski, capables du véritable amour qui jamais ne se dément.

J comme Juliette

L’éternelle amante de Roméo ou Drouet, la bien-aimée de Victor Hugo.

K comme Kiwi

Oiseau ou fruit, mot à double facette, comme l’être qui nous fuit, multiple au gré du temps.

L comme Lune

Dont la lumière prête au songe, halo puissant de poésie, souvenez-vous de Musset

M comme Mésange

Celle que j’entends de ma maison, chant paisible et doux.

N comme Nougat

Noisette et casse-noisettes, nirvana de sons et musique, saveurs de l’enfance en ballet irrésistible.

O comme Opéra

Dont les chants m’enchantent et me transportent.

P comme pie

Bavarde et bicolore, qui chante comme un bonbon qui fond au fond de ma bouche.

Q comme quatre

Des fois je coupe les cheveux en quatre, me mets martel en tête, pour pour qui pour quoi, pour rien, en définitive.

R comme Renard

Le roman de Renard qui toujours me hante de ses ruses pour se jouer d’Ysengrin, le loup des anciennes steppes, penaud et marri.

S comme salade

De fruits ou composée, de mille et une trouvailles, cuisine savante de mots confondus.

T comme Toulouse

La ville rose que j’ai visitée en mai sous la pluie.

U comme Urubu

Animal étrange dont les sonorités me renvoient au rébus.

V comme Vin

De la vigne au vin, plantons le verre de l’amitié.

W comme Western

Fort Alamo et tant d’autres, Hollywood en majesté.

X comme Xénon

L’autre auquel je pense et que je salue, fraternellement.

Y comme Ysengrin

Évoqué plus haut, piètre versant de moi-même, désolé et plaintif.

Z comme zèbre

En suis-je un ou un autre, seul Hamlet le dira.

Voilà, je me suis amusée à écrire mon abécédaire, à vous d’en faire autant, à vos plumes !

La rentrée à Grain de Sel

Aujourd’hui, 17 septembre 2019, c’est la rentrée à l’atelier d’écriture où je suis inscrite depuis quelques mois. J’ai retrouvé les têtes chenues aperçues auparavant, deux autres nouvelles sont là . L’animatrice, Huguette, s’était présentée fin juin, c’est elle qui est présente, Anne ayant rendu son tablier.

Petit tour de table pour les présentations d’usage, et puis les stylos s’animent pour une séance structurée autour de la rentrée. Nos impressions, nos pensées, dire ce qui nous a traversé l’esprit, le corps, dans notre avancée vers cette salle de L’écume des jours, Médiathèque de Capbreton, lieu de nos rencontres.

Les uns sont arrivés à vélo, d’autres en voiture, forcément les narrations seront différentes, et le vécu, source de richesses.

Des êtres de tous les horizons, professionnels et géographiques, venus là pour condenser en deux heures l’éternité d’une passion : les mots.

Mots qui se refusent ou qui dansent, c’est selon, chacun vient ici pour des raisons connues de lui seul, que l’on dévoile à demi-mots, poussé naturellement à dire davantage au fil des lignes tracées comme je te pousse la confidence, sans arrière- pensées, sans méchanceté ni critiques blessantes, juste une parenthèse charmante pour tisser les fils d’une parole, étendard fertile contre l’oubli.

Pour certains, conjurer le sort, susciter un déclic, pour d’autres la poursuite d’une jouissance, le recommencement d’un émerveillement, qui n’a de cesse d’effectuer ses loopings, cavalcades sans mesure, arabesques prodigieuses, mêlant douleur ou ravissement, émotions en infini retour.

C’est comme cela que les choses se passent à Grain de sel.

Quelques indications, des contraintes, des figures imposées comme l’utilisation d’un vocabulaire à utilement placer dans un récit, rappel d’un acrostiche à parfaire dans un poème, haïku à élaborer à sa gourmandise, la variété n’a d’égale que les créations de trouvailles échangées dans la bonne humeur.

Adieu, Annam

C’est le dernier livre que je viens de publier sur Amazon sous mon nom d’auteur Chantal Dionnet. Si quelque lecteur a la curiosité de le lire, m’en faire un retour.

Cela parle d’amour, du Vietnam, c’est un roman qui mêle plusieurs voix où l’intrigue sentimentale, policière et spirituelle donne des aperçus historiques, évoque des images, senteurs et paysages, un monde à partager.

Bien écrit, me semble-t-il, et chargé d’émotion, pour qui se donne la peine de le lire.

Roman policier

Mais pas que.

Le roman policier comporte une enquête dont l’objet est de résoudre un crime. Un enquêteur recherche donc le coupable, en se basant sur des indices, avec à sa disposition les moyens de son administration : humains, scientifiques…

Mais est-ce suffisant pour écrire un bon livre, si on ne se cantonne qu’à la résolution de l’énigme ?

Ce qui est intéressant dans la création d’un roman policier, c’est de s’étendre et approfondir l’environnement et l’entourage du tueur, de comprendre la société qui a engendré le crime. Se pencher sur la société, l’interroger, la critiquer ou l’encenser, bref ce sont tous ces à côtés significatifs, utiles à explorer avec les personnages, car ils sont toujours de quelque part, aiment, parlent et souffrent, rient, dansent, etc.

disponible sur Amazon

Premier article de blog

Comme premier article, j’ai envie de vous donner un poème. Non pas pour me démarquer et faire montre d’originalité,  mais  simplement parce que je pense qu’il faut écrire comme ça nous chante, et qu’importe si cela ne court pas les rues, mais le poème dit plus, quand on est ému .

Toi, lecteur qui viens

Par hasard ou non, t’engager

Sur les beaux sentiers

De la création, surtout ne crains

De laisser des traces

Que je puisse te suivre, et sache

Que je retiendrai tes conseils, tes souhaits

Dans le seul but de m’améliorer.

Tes commentaires éclairés

Continueront de parsemer

Mon jardin de senteurs colorées,

De trouvailles inexplorées.