Bonne année !

Les cloches de Noël ont sonné que déjà

Janvier montre le bout de son nez tout gelé

Le froid redouble sec et la neige est tombée

Ornant les sommets d’une parure de gala

Couronne blanche pour fêter l’Épiphanie

Au son mélancolique des grelots lointains

Hélas disparus dans la brume des sapins

À la lumière vacillante des bougies

Bonne année susurrent-elles à l’écureuil

Au chaud dans son nid à la pie à tire-d’aile

Virevoltant et tutoyant gaiement le ciel

Au chêne désormais dépouillé de ses feuilles

Tous répétant à l’envi l’éternelle antienne

Des vœux d’amour de paix et de joie souveraine.

Frimaire

Photo Pixabay

Novembre abat ses pluies givrantes sur le dôme

Des arbres que transperce une pâle clarté

Les merles qui batifolaient en leur royaume

Sur l’herbe de feuilles et de fruits rouges jonchée

Se sont tus pelotonnés au fond de leur nid

L’écureuil roux lui aussi demeure à l’abri

Comme les pigeons qu’on ne voit plus s’envoler

Engourdis et plongés tels des bêtes de somme

Dans un rêve inouï infini hébété

Là où plane la blanche présence fantôme

De l’automne vêtu d’un étrange linceul

Étole lourde qui enveloppe le ciel

Continuant sa marche imperturbable et seul

Sur les sentiers hier éclaboussés de miel

Désormais enfouis sous une chape de froid

L’hiver inéluctable s’avance à grands pas

Saupoudrant les monts activant le carrousel

De neige et de vent mêlé érigé en meule

Énorme tas gelé tantôt fine dentelle

Guipure scintillant aux branches du tilleul.

Mélancolie

La mélancolie de l’été

Finissant

Tout doucement nous fait entrer

Dans l’automne

Les feuilles des chênes jaunissent

Monotone

Est la pluie qui lentement glisse

Sur l’auvent

L’été s’en va semant le deuil

Le regret

C’est la tristesse d’une feuille

Qui retombe

Après avoir pris son envol

Quand en trombe

L’averse s’abat sur le sol

Sans arrêt

L’écureuil ne fait plus de bonds

Au jardin

Le ciel s’habille de saison

De limaille

Un vent fort secoue les grands pins

Les cisaille

Et l’océan hurle sans fin

Son chagrin

Sous le couvert du gros buisson

Son logis

L’oiseau traversé de frissons

Haletant

Mouillé la tête sous ses plumes

Grelottant

Comme coincé sous une enclume

Est blotti

Le laurier-rose près du mur

Adossé

N’admire plus le bel azur

Voit ses fleurs

Sur les dalles de la terrasse

Écrasées

Pourtant jamais il ne se lasse

Du bonheur

De fleurir comme chaque année

Plus fringant

Et beau au souffle printanier

L’alizé

Ses jolies branches caressant

D’un baiser

Câlin ô combien apaisant

Et charmant

Et de nouveau dans sa parure

D’éclat d’or

Avec prestance et fière allure

Le soleil

Reviendra plus brillant encore

Son réveil

Sonnera de l’hiver la mort

Sans remords.

Ritournelle

Assis sous la tonnelle

Nous bavardions gaiement

C’était un lieu charmant

Ô que la vie est belle !







Au loin une chapelle

Tout était souriant

La nature et le vent

Le chant des tourterelles







Près de la balancelle

Se tenait un enfant

Joyeux et sautillant

Tournoyant son ombrelle







Les têtes des ombelles

Dans le soir se courbant

D’ocre se colorant

Avaient un teint de miel







Au jardin de l’hôtel

Comme c’était plaisant

Je dirais amusant

De voir les hirondelles







Voler de prêle en prêle

Avec empressement

Pousser un piaillement

Partir à tire-d’aile







Posé sur la margelle

Du joli puits jasant

Un geai bleu séduisant

Criait sa ritournelle.





Proposition quotidienne de rédaction
Parcourez les journaux à la recherche d’une histoire totalement inintéressante. Réfléchissez au rapport avec votre vie. Faites-en un article.

Canicule




À l’ombre du parc j’attends que la canicule

Cède le pas. Le merle dans l’arbre se tait

Il ne remue pas et se plaît aussi au frais

Seule la brise lui tient un conciliabule 


Une brise légère qui se dissimule

Halète doucement à travers les fourrés

Pour venir me caresser de la tête aux pieds

Comme une plume chatouiller ma clavicule

 

L’été peut jouer de ses perfides rayons

Lancer ailleurs ses maudites piques de plomb

Un bouquet de chênes pour simple parasol

 

Est un paradis comparable à un atoll

Une oasis fertile où vont bêtes et hommes

Se prélasser enfin dans le bienfait d’un somme.

Le pantun

Le pantun, c’est un poème de type malais, je vous invite à aller sur le site de Pantun Sayang qui vous expliquera mieux que moi ce dont il s’agit. C’est un site de poèmes en ligne qui publie des pantuns, forme particulière de quatrains. Lors d’un appel à textes sur le bouquet, j’ai eu le bonheur que certaines des productions que j’ai envoyées ont été sélectionnées, entre autres : Bouquet d’écume, Feux d’artifices…, vous les trouverez donc sur leur site. J’espère que vous appréciez.
Comme vous le constatez, je m’exerce à des formes diverses de poésie, façon de renouveler sans cesse l’inspiration et mes connaissances, d’autant que je ne savais pas la distinction entre le pantoum, dérivé du pantun, devenu célèbre depuis Le Conte de L’Isle et Baudelaire. Néanmoins le pantun, dans son origine première, est toujours d’actualité sur Pantun Sayang, site dédié aux francophones, mais pas que. Le pantun a essaimé dans le monde et sa pratique s’est diversifiée. Si le coeur vous en dit, allez-y faire un tour.

Au jardin

Il y a toujours au jardin

Des fleurs qui prennent le soleil

Ici un buisson de jasmin

Qui à l’amour tendre s’éveille

Le jardinier taille et recoupe

Les lauriers où le merle braille

Ses yeux perçants comme des loupes

Voient le chienlit sur la rocaille

Un beau bouquet de roses s’attache

À la tresse du liseron

Parfois on y décèle des taches

La présence du puceron

La sauge côtoie le thym

Et différentes variétés

La lavande le romarin

Font les délices de l’été

Mais voici que la pluie ruisselle

Une grosse averse en chapelet

Qui éclabousse les ailes

Mouillant le nid du roitelet

L’oiseau frissonne l’air hagard

Corps transi et plumes trempées

Il croit puiser l’eau de la mare

Qui gèle maintenant ses pieds

Enfin un rai brise la nue

De sa longue épée de lumière

Une chaleur inattendue

Sèche la paille de sa chaumière

Ainsi finit sur l’écritoire

Toute de joie ensoleillée

Cette jolie petite histoire

Qui au jardin a commencé.

Au gui l’an neuf !



Une nouvelle année commence, ma chère âme

La roue du temps tourne, tourne sans se presser

Déjà s’en vont les souvenirs de l’an passé

Vois fleurir devant toi une indicible flamme

Magie brûlante qui permet tel un sésame

D’ouvrir la voie à l’éternelle panacée

Élixir suprême pouvant tout effacer

L’angoisse mortifère et le malheur infâme

Les vagues de la mer emportent les regrets

A la pleine lune murmurent leurs secrets

Les mouettes avec grâce à la pointe du jour

Dessinent dans le ciel leur ballet aérien

Un spectacle où ma foi il ne se passe rien

Rien que l’ineffable présence de l’amour.