Vœux pieux

Voudras-tu avec moi cueillir la violette

L’aubépine ou le lilas, la ciboulette

Voudras-tu au creux de la vallée

Voir la biche qui te confiera ses secrets ?

Plus loin dans le bosquet

Le pic épeiche

Picore l’écorce rêche

Sans se soucier de tes regrets.

Encore faut-il suivre le bon chemin

Dit sans rire le brave lutin

Pouce levé index pointé :

Pour sortir de l’ornière

Entrez dans la lumière

Évitez les grands festins.

N’est-ce pas là conseil fort avisé ?

Chaque chose a sa place

Martèle de son côté

Dame Nature qui s’agace

Des hommes sans respect.

Il faut punir ces polissons

Leur envoyer un grand poison

Les effrayer pour de bon.

Toujours des paroles en l’air

Beaucoup dire mais peu en faire

Pas de suite dans les idées

Trop de sentences trop de clichés

Agriculture irraisonnée

Surpêche organisée

Le grand marché

Bazar assuré

Farandole et colifichets

Fléaux et calamités.

Économie vous avez dit

Qui parle vraiment d’Écologie ?

Dans la clairière riant sous cape sur la lande

Les sorcières continuent leur sarabande

Les chauves-souris à leurs pieds

Loin des grottes solitaires et glacées.

Ne devrions-nous pas préserver nos forêts

Nos monts nos lacs et nos rivières

Le merveilleux monde de la mer

La biche et son faon

Tigres et éléphants

Tous nos enfants

Liste à la Prévert

À volonté

Tous les délices de la Terre

Toujours plus belle en été.


Comptine

Chante, chante sous la lune

Mon petit Pierrot

Marche, marche sur la dune

Le joli chameau

Saute, saute dans la brume

L’ami lapereau.

Tape, tape dans tes mains

Tourne, tourne le moulin

Sur ta tête un grand chapeau

Une veste sur ton dos.


Vole, vole dans les airs

Mon petit oiseau.

Nage, nage dans la mer

Gentil baleineau.

Vogue, vogue sur la rivière

Brave matelot.

Tape, tape dans tes mains

Tourne, tourne le moulin

Sur ta tête un grand chapeau

Une veste sur ton dos.


Trotte, trotte dans le pré

Mon petit mulet

Rampe, rampe sous le muret

Le drôle de furet

Danse, danse sur le canapé

L’enfant guilleret.

Tape, tape dans tes mains

Tourne, tourne le moulin

Sur ta tête un grand chapeau

Une veste sur ton dos.

Sorcière as tu vu

Petit clin d’œil
pour mes petites filles

C’était une vieille sorcière

Qui était très têtue

Chapeau pointu turlututu

Elle chassait les vipères

Mais pourquoi faire

Sinon des soupes

Pas d’entourloupe

Ni masque ni gilet

Sur un balai tretretrelaid.

Revenant à sa chaumière

Elle vit un’ poule et un p’tit chat

Tout moustachu tralalala

Les changea en moutons

En fit des saucissons

Marines au venin

Au romarin au thym

Au thé et à la bière

Coca-Cola tralalalere.

Dans sa robe noire

Des lunettes sur le nez

Son tablier toutoutroué

Elle n’était pas belle à voir

Pleine de pustules

De libellules

Et de mérules

Avec une pincée de cumin

Touillant sa soupe de Perlimpinpin.

C’était une vieille sorcière

Qui allait dans les airs

Elle était très têtue

Chapeau pointu turlututu

Sur son balai tretretrelaid

Avec un chat tralalala

Une bonne bière tralalalere

Un tablier toutoutroué

Touillant sa soupe de Perlimpinpin.

Sacré nom de chien !

Soleil pâle

Rêve de Vietnam

Il est des chansons qui vous trottent dans la tête, comme un rêve éveillé, qui vous parle de l’amour d’une femme et d’un pays. En vietnamien, le titre est Nhat Nang , en français Soleil pâle. J’ai voulu la traduire en accentuant la poésie et en gardant la nostalgie inhérente au rappel d’un amour qu’exprime son auteur.

Cette chanson se trouve sur YouTube et le pays, c’est le sud Vietnam, là où je suis née.

Soleil pâle

J’aime mon pays

O souvenir du crépuscule sur la terre d’antan

J’entends le poivrier

En rêve dans le soir d’été.

J’aime la femme de jadis

En chemise brune, si jolie

La vie au soleil brûlant

Du rose aux joues soufflant.

Mais aujourd’hui

Sur les bambous le soleil pâlit

Les nuages s’amoncellent

Obscurcissant le ciel.

J’aime la fraîcheur

Profonde comme ce vaste soir

La vie de labeur

Ployant de mes frères l’échine.

Quand le jour revient

Que l’horizon se fait lointain

Où est le chant du poivrier ?

Dans l’immensité du soir

A travers les collines

Est-ce la voix du mineur que j’entends ?

J’aime mon village d’autrefois

Les pauvres toits

Dévoilant leur fragilité

Aux rayons palissants

Au début de l’été.

J’aime mon pays

Les bambous nus et désolés

La femme en larmes outrées

Profondément aimée.

Quand le jour revient…

Quand on voyage en poésie, le rêve se fait présence réelle, aussi persistante que la réalité, ouvrant aussi la fenêtre vers un je ne sais quoi, ce supplément d’âme qui parfois nous fait défaut.

Nota bene: Ceci est une traduction où des omissions, voire des erreurs en raison des accents de la langue vietnamienne qui modifient complètement le sens m’ont été signalé, mais finalement j’ai décide de la maintenir telle quelle , l’intention étant de conserver l’émotion que le texte originel avait soulevée en moi, quitte à aboutir à un autre texte, que finalement j’aime mieux …qui engloberait mon propre rêve : poivrier ou flûte, mineur ou simple lamentation, fraîcheur de la nuit ou lèvres pâles et regard profond de la femme, cela ferait sans doute hurler les puristes. Ainsi j’ai préféré substituer le mot pays à campagne qui sonnait moins bien en français, pays rimant avec femme de jadis, la versification entraînant des choix que j’assume ainsi que mes erreurs.

En mai, fais ce qu’il te plaît

Bientôt nous irons dans les prés voir fleurir le muguet, caché entre deux bosquets, en vrai et non plus en songe contempler les clochettes blanches blotties en leur vert calice, de feuilles éclatantes au clairon de l’espérance.

Voilà que le souffle de la liberté enflera de nouveau nos poumons, ivres de tous les chants restés muets par un confinement délétère et contraint, soucieux désormais de célébrer la vie plus touchante car abreuvée aux rives de la faux.


C’est comme une complainte plus puissante au sortir des épreuves, la douleur aiguisant le sabre de l’émotion, c’est le surgissement du cri qui s’enflamme de clameur, une résurgence soudaine comme une explosion de bonheur.
Oui, nous irons vers l’été qui blondira les blés et gonflera les voiles des bateaux sur la mer, nous voguerons sur les courbes des herbes dans les champs, les campagnes et les montagnes verdoyantes seront les bras de l’Amante Nature qui nous enveloppera de sa chevelure sémillante.
Chut, écoute attentivement, les oiseaux te sembleront plus vivants que jamais, les nuages dans le ciel seront plus légers, azur resplendissant étalant sa soie rieuse au cou du soleil plus farceur et sublime au zénith. Sens-tu déjà le zéphyr parcourir ta joue, caresse subtile s’attardant aussi sur les paupières que tu laisses closes pour mieux en jouir, tandis que ton nez reste à l’affût des mille et une senteurs devinées dans la nuit.

Vois le jour qui se lève en mai et que ta joie ne soit plus violente car trop ardemment attendue, mais furtive et renouvelée comme la course des écureuils éperdus et fantasques, magnifiques, poursuivant leur partie de cache-cache par terre et dans les arbres, ravissant notre cœur et nous éloignant enfin du malheur.
Sois surpris de ton regard plus perçant de ces détails trop souvent ignorés, la huppe rouge du pivert et sa robe joliment piquetée, il s’applique à sa tâche oubliant d’être observé, le merle toujours moqueur siffle sans arrêt et les tourterelles et pigeons roucoulent sans s’inquiéter de ce qui nous ronge et ravive l’anxiété.

Alors, comme eux, usons de notre gai savoir comme ultime instinct, chanson qui rassure quand elle prend la mesure de tout ce qui nous a manqué et que nous devons conjurer.
Avec la tendresse de la mère pour l’enfant que nous sommes, avec la force du père qui tempère nos ardeurs guerrières et la gloire des sentiments qui habitent nos mots dans l’habit suprême de l’intuition.

La vie en mai est une sève plus puissante qu’elle s’échappe de l’étau de sa prison.

F.Leger (1881-1955)

En ces temps de confinement, pourquoi ne pas jeter un regard sur l’œuvre de F.Leger ? C’était le 14 mans, mais maintenant cela semble une éternité. Déjà, l’anxiété devait se lire en filigrane, malgré le soleil et les fleurs en cette matinée printanière, et les allées n’étaient point bondées, mais on pouvait encore croiser des familles, les enfants s’ébattant à vélo ou gambadant allègrement non loin des parterres fleuris, le long des murs de l’enceinte du château de Toulouse, jusqu’au bord de la Garonne pour voir une magnifique vue de la Ville rose, vantée par Nougaro. Sans doute qu’aujourd’hui l’entrée du parc Raymond VI est fermée ainsi que celle du Musée des Abattoirs Attenant, mais il m’est agréable de revenir en pensées sur ce lieu de promenade pour vous inviter à passer par là une fois les restrictions terminées.
Alors, il vous sera possible de musarder, cheminer parmi les œuvres de F.Leger, offertes aux quatre vents, monumentales et colorées. Immense fleur-oiseau, poésie qui fait pendant à la fleur qui marche, figures humaines de formes et contrastes rappelant qu’il fut de tous les compagnonnages, des impressionnistes, fauves, cubistes, prélude à l’art moderne et à ses incursions en politique, glorifiant l’humanisme et les joies du peuple, la fraternité dans les loisirs et les plaisirs simples. Il est de ces peintres que j’aime et admire, et que je convie à visiter, comme l’art, propédeutique utile et essentielle en cette période chamboulée, afin de retrouver un peu de sérénité.

Le beau printemps

Déjà plus d’une fleur sourit dans les jardins

Et les merles ont sifflé tôt ce matin

Les écureuils s’aventurent hors de leur nid

Les haies alentour bruissent de mille tireli

Twit, twit, crient les oiseaux en chœur

Et le ciel clair et beau rayonne de bonheur.

Le vent souffle ses grosses gouttelettes, averse

Qui tambourine violence divine à mes fenêtres

Sur la terrasse les grêlons se déversent

Tels des guerriers farceurs et traîtres

Nostalgiques du long frimas et braillent

Le glaive hors du fourreau attisant la grenaille.

Dans une puissante et intrépide cavalcade

De giboulées malines qui pétaradent

Ils manifestent leur terrible mécontentement

Du regret de l’hiver, de l’arrivée du Printemps.

Enfin, l’air est plus doux et embaumé

De senteurs suaves, célestes, inégalées

Et le soleil, le vif, le bel amant étoilé

Ravit mon âme d’une chaleur aimée.

Capbreton, Cité marine

L’église de Capbreton

Sa particularité est la tour en forme de phare, symbole de la Cité marine, phare que l’on retrouvera au bout de l’estacade, don de Napoléon III, présente depuis le 9 septembre 1858, au front de mer, porte d’entrée au port où s’abritent les bateaux de pêche et de plaisance.

L’estacade

A proximité de là se trouvent le Casino, et la salle Ph’Art, où des événements culturels ont lieu, quelques commerces, restaurants et bars, balcons nourriciers ouverts sur les vagues dont les crêtes font la joie des sportifs de la glisse tout le long de l’année.

Le casino
Le Belharra

Dès novembre, ils sont seuls les surfeurs, rois de l’océan, à profiter d’une eau entre 10 et 12 degrés, grappes de fourmis noires à l’assaut de la houle à la poursuite de la sensation qui les grise et les renverse.

De mon poste d’observation, c’est un joli festival de culbutes suivies de remontées sur les planches pour de nouveau affronter les éléments : eau, autant en emporte le vent, avec la morsure du sel et le sable et la colère des embruns.

L’océan, spectacle vivant

Le soleil troue les nuages, parfois la pluie survient, mais la jeunesse n’a peur de rien, ni du froid ni de la tempête au loin. L’inconscience de l’éternel les habite, sans doute ça les excite de prendre des risques et de frôler l’accident.

Sur le dos d’une mer plus grosse d’un désir enivrant, ils signent leur victoire avec fracas, mais tant que dure le tube, dieu que c’est épatant !

Le Boudigau

Quant à moi, en attendant l’été, je me promène près du Boudigau ou longe le port pour contempler les bateaux.

Le port de Capbreton

Trois écureuils

Trois écureuils tous les matins

S’ébattent dans mon jardin

Je les vois se prélasser au bain

Du soleil et à l’ombre des pins.

Ils courent à fond de train

D’un tronc à l’autre dans les coins

Furtifs en arrêt montrant les poings

Leur queue touffue rase le foin

Parfois se meut comme de rien

M’interroge sur le chemin

A droite à gauche je ne sais point

Où me mènera le destin.

Trésor à cueillir dans les mains

Eau de jouvence joli brin

De muguet ou de thym

Un parfum doux si charmant

Que les écureuils en passant

Hument leur tête courbant

La brise du Grand Pan.

Sur les poils lisses de rousseur

S’attarde le bonheur

Esprit coquin et farceur.

C’est une photo glanée sur le web que j’ai épinglée pour illustrer mon article, merci à son auteur dont le nom s’est perdu dans le téléchargement

Ode au printemps

J’ai fait le deuil de mon passé

A grand renfort de larmes éplorées

Ni trompette ni cloche pour sonner l’heure

Vide des souvenirs anciens d’un cœur

Indemne certes mais encore blessé

Emmitouflé dans les plis de l’hiver

Réjoui néanmoins au bruit doux de la mer.

Février déjà entame sa folle course

En destrier fougueux retenu par le Mage

Vers les verts et célestes pâturages

Recouverts bientôt de l’ail de l’ours

Interroge ton esprit sur l’Eternité

En songe ailé d’étoiles qui dansent

Redoré des trésors de l’enfance.

Mais ne t’y attarde pas trop

A présent continue d’avancer

Retournes-y parfois à grand galop

Si le désir vient te tancer.

Accueille sans tarder le printemps si gai

Vers nous déployant son vaste dais

Répétant l’irrésistible rappel

Il est temps de contempler le ciel

L’azur si beau le monde vrai.

Mais fais ce qu’il te plaît

Avec enthousiasme allégresse et ardeur

Inhumant la douleur dans le rire des fleurs.